Paris, le 14 juillet 1988. Le midi en vers libre

PARIS, LE 14 JUILLET 1988. LE MIDI
/en vers libre/


Mais donc, nous sommes non loin de l’Arc de Triomphe `a l’heure qu’il est,
Et nous prenons tous ensemble notre dejeuner au cercle tout restreint
(Pour ainsi dire, c’est un dejeuner `a la fourchette en plein air,
Et quoique tout cela semble un tout petit peu `a l’improviste,
Ce n’est pas ainsi pas du tout, et ceci n’est pas inattendu!):
Tout est tout simple, et nourissant et abondant, mais ce n’est pas trop -
Un peu de tranches de jambon, pas beaucoup de saucisson boudin
Dont je l’aime mieux que du saucisson cuit (nota `a propos!),
Et aussi un peu du fromage (et du gruyere et du hollande!),
Et du caviar frais de saumon et un peu de frai de grenouille,
Et encore aussi, certes, des cuisses de grenouille en abondance;
Pas mal de fruits, en particulier, de pommes multicolores -
De pommes rouges et vertes ainsi que de pommes jaunes et blanches, mais encore
De pommes bleues (mais si! de fruits tout `a fait bleus! - ce n’est ni bluff
Ni contes bleus, id est ni contes `a dormir debout ni conte en l’air! -
Ces pommes bleues, des fruits asiatiques qui nous paraissent tout exotiques,
Ceux-ci ou celles-ci sont excessivement authentiques, mais si!)…
Il y en avait bien, `a mon opinion, pour manger `a notre faim,
Aussi voudrais-je omettre d’autres mets et ne pas entrer grandement
Et par le menu dans les nuances de notre pique-nique en ami.
De plus, je pense que c’est non obligatoire d’en savoir -
Comme on dit couramment qu’on dorme d’un bon sommeil quand on sache mal…
Eh bien, cela va de soi, il y avait du vin de Champagne,
Assez beaucoup de vin de champagne si suave et ranimant,
Et encore il y avait assez de vin rouge, du vin de Bordeaux -
Mais tout ceci ne fut pas pas du tout trop pour notre bonne ripaille!
(Toutefois ce ne fut pas d’un festin de roi, une ripaille! -
Mais oui! c’est un gueuleton, mais ce n’est pas une bombance! mais non!),
Et ce n’est pas la mer `a boire, notre champagne et notre bordeaux
Pour triompher non loin de l’Arc de Triomphe aujourd’hui.
 
Le vin scintillait dans les coupes, et le repas charmait les vues:
Et nous buvions et nous mangions… ce fut chic au plus haut point! -
Il n’y avait pas de hors-d’oeuvres chauds, ce furent des hors-d’oeuvres froids, mais
Il y en avait bien - et pour se gorger et pour se gaver!
(Pour simplifier les choses et en dire sans equivoques, tout droit,
Aussi bien qu’y parler sans ambages - voici mon apostille:
On y puisse manger jusqu’`a se donner une indigestion
D’une sorte de l’un des personnages pittoresques de Rabelais [1494-1553] dont
J’aime lire et relire de temps en temps, moi, ses deux oeuvres fameuses -
Il s’agit de son Pantagruel [1532] et de son Gargantua [1534]! -
Pourtant nous mangions pas aux fins de faire une goinfrerie, non!
Aucun d’entre nous ne «daignait» de devenir un type rabelaisien )))))) -
Ces six parentheses veulent dire que j’ironise virtuellement…
On y puisse aussi boire jusqu’au glapissement de porcelet,
Mais ni mes amis ni moi, personne ne faisait tout son possible
Pour se souler comme une grive ou se griser comme un Polonais )))))) -
Et encore six parentheses qui veulent dire que je ris `a me tordre…
Je suppose que j’aie mis les points sur les «i»? - je pense que «oui»!)
Bien entendu, on toaster ainsi qu’on liait conversation,
Et grandement confidente et strictement tout confidentielle;
En plus, on chantait beaucoup de bonnes chansons, et c’est l’essentiel!
Hors d’aucun doute, on chantait La Marseillaise, symbole de l’Etat -
On la chanta tout `a la suite de toast le plus premier
Dont le Maire [1977-1995] et `a la fois le Premier [1974-1976, 1986-1988] vient de le porter.   

[N.B. And yet  I’d  like to say this one in the English language:
I’ll most likely can tell the name of Paris City’s Mayor, and too
I’ll most probably can name the French Republic’s Prime Minister, but
I don’t intend deliberately to call a spade a spade, yep! -
That is of no importance for my verses, and that is why
I point out merely the years, and I suppose that’s enough?]
   
Mais donc, Maire idem Premier vient de nous proposer le second toast
(Mentionnons que le premier toast chantait l’air majestueux de France;
Ce toast neuf chanta l’anniversaire de la prise de la Bastille!) -
On but et on mangea, ensuite on chanta la Carmagnole
(Mais si, nous chantions la Carmagnole, mais nous ne carmagnolions pas! -
Ce serait assez bizarre non loin de l‘Arc de Triomphe, n‘est-ce pas?)…
Puis Pascal, mon ami dont Maire fut son chef et son ami,
Porta un toast qui chantait donc la magnificence de Paris -
Ses paroles furent belles, et je dis `a haute voix: «C’est `a ravir!»,
Et je recitai par coeur de la Chanson de la Seine de Prevert [1900-1977]:             
 
«La Seine a de la chance
Elle n’a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement sans bruit
Et sans se faire de mousse
Sans sortir de son lit
Elle s’en va vers la mer
En passant par Paris»

«Bravo, Georges! Tu es ravissant! Tu viens de nous preparer une belle surprise `a tous», 
S’exaltait le Maire et `a la fois le Premier, et il s’exultait tout franc.
Celui-ci fut en verve ainsi que nous fumes tous en verve, aussi chantames-nous
Tous ensemble cette grandement bonne chansonnette ancienne, donc nous la chantames hautement:    

«Joli tambour s‘en revenait de guerre,
Joli tambour s‘en revenait de guerre
Et ran et ran, ranpataplan!
S’en revenait de guerre.

La fille(e) du roi etait `a sa fenetre,
La fille(e) du roi etait `a sa fenetre
Et ran et ran, ranpataplan!
Etait `a sa fenetre.

Joli tambour, donnez-moi votre rose;
Joli tambour, donnez-moi votre rose
Et ran et ran, ranpataplan!
Donnez-moi votre rose.

Sire le roi, donnez-moi votre fille;
Sire le roi, donnez-moi votre fille
Et ran et ran, ranpataplan!
Donnez-moi votre fille.

Joli tambour, tu n’es pas assez riche;
Joli tambour, tu n’es pas assez riche
Et ran et ran, ranpataplan!
Tu n’es pas assez riche.

J’ai trois vaisseaux dessus la mer jolie,
J’ai trois vaisseaux dessus la mer jolie
Et ran et ran, ranpataplan!
Dessus la mer jolie.

L’un charge d’or, l’autre d’argenterie;
L’un charge d’or, l’autre d’argenterie
Et ran et ran, ranpataplan!
L’autre d’argenterie.

Et le troisieme(e) pour promener ma mie,
Et le troisieme(e) pour promener ma mie
Et ran et ran, ranpataplan!
Pour promener ma mie.

Joli tambour, tu auras donc ma fille;
Joli tambour, tu auras donc ma fille
Et ran et ran, ranpataplan!
Tu auras donc ma fille.

Sire le roi, je vous en remercie;
Sire le roi, je vous en remercie
Et ran et ran, ranpataplan!
Je vous en remercie.

Dans mon pays y en a de plus jolies,
Dans mon pays y en a de plus jolies
Et ran et ran, ranpataplan!
Y en a de plus jolies!
Ran, plan, plan!»…

Charmant! J’en crois qu’est-ce qu’on puisse mettre un point sur ce?
Oui naturellement, quoiqu’il y en avait donc beaucoup de toasts
Et aussi de chansons et de vers lyriques dans la suite, certes! -
Mais il faut savoir garder la mesure? - C’est pourquoi un point c’est tout!


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Monsieur Blot-Rudolph  Pascal Jacques Frederic [1958, le 26 janvier; Paris 12-e arrondissement,  France - 2023, le 10 octobre; Le Perreux-sur-Marne, Val-de-Marne (dep.), Ile-de-France (reg.), France], 65 ans; Secretaire de classe exceptionnelle d'administrations parisiennes, Mairie de Paris - Secretariat General; aussi h.c.Acad. [honoris causa Academicus] de l’Academie du service public civique (ASPC, 2015).
Il faisait partie d’un cercle tout restreint de professionnels aux entours de Monsieur le Maire [1932-2019] de la Ville de Paris [1977-1995] du commencement des ans quatre-vingt et suivait son patron partout, et il changeait d’emplois avec son chef et aussi ami en travaillant dans la Mairie [1980-1995, 15 ans], dans le Gouvernement [1986-1988, 2 ans], dans la Presidence [1995-2007, 12 ans], et puis il continuait son travail dans la Mairie [2007-2023, 16 ans] jusqu’`a sa mort inattendue de tous.            

«La Marseillaise», l’hymne national  de la France. Son auteur est Rouget  de Lisle qui composa un texte hymnique en hiver de 1792. Il fut alors un jeune officier d’artillerie en garnison `a Strasbourg. `A propos, il naquit `a Lons-le-Saunier, dans le Jura, Hautes-Alpes, France.

«La Carmagnole», et la chanson et la danse populaires de temps de la Grande revolution en  France /fin du XVIII-e s./. 

«Joli tambour», une chansonnette populaire ancienne l’une des plus fameuses dans le monde entier et, de fait, la chanson fabuleuse en France [ci-dessus, je viens de citer toutes les paroles de cette belle chanson dont je l‘aime beaucoup, moi; `a propos, Monsieur le Maire de la Ville de Paris l‘aimait beaucoup mieux, cette  gentille ariette folklorique «Joli tambour», que toutes les autres chansonnettes anciennes ou modernes].       


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